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<title>Chroniques merlines</title>
<description>Merveilles du quotidien</description>
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<lastBuildDate>Fri, 20 Feb 2009 20:43:46 +0100</lastBuildDate>
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<copyright>All Rights Reserved</copyright>
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<title>Le samedi de Mélusine</title>
<link>http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/archive/2009/02/20/le-samedi-de-melusine.html</link>
<author>noreply@blog.tdg.ch (le merle chroniqueur)</author>
<category>Le royaume familier</category>
<pubDate>Fri, 20 Feb 2009 20:43:46 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/media/02/00/490681964.jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; alt=&quot;couverture.jpg&quot; id=&quot;media-21767&quot; src=&quot;http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/media/02/00/861387146.jpg&quot; name=&quot;media-21767&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Tu ne m’es pas semblable.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je suis déboussolé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quoi qu’il se passe, je sais que ma mère est ma mère, que mon père est mon père, que ma sœur est ma sœur et ma fille ma fille et mon fils mon fils, et se déroule comme une pelote la généalogie de mes liens congénitaux. Les liens d’avant ; les liens d’après. En haut ; en bas. C’est mon aérobique familial. Comme Tarzan, je passe de liane en liane, de lien en lien, connaissant chacun comme ma poche, sachant ce qui blessera ou attendrira, les points de hautes voltiges et de tension perpétuelles. Ce sont mes semblables. Nous sommes globulairement unis. Je connais parfaitement ma position sur la carte des mêmes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais toi… Tu t’es campée très exactement en face de moi. Tu ne m’offres aucune certitude. Tu n’es pas un précédent ou un descendant dans mon histoire. Nous ne sommes reliés par aucun lien de sang. Pourtant, notre chemin est là, par-dessus le vide qui nous sépare. C’est à cet endroit précisément – et aucun autre - que nous devrons passer. Tendre un pont entre toi et moi. Dès notre première rencontre nous avons lancé les filins qui seraient la fondation de l’édifice à venir. Aussi ténus fussent-ils, ils constituent peut-être les liens les plus sûrs et les plus fidèles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Toi… un monde. Tu m’étourdis. Pourquoi toi ? Les liens du sang sont immobiles, c’est un héritage définitif. Les liens du cœur, par contre, sont perpétuellement en mouvement. Tu m’échapperas toujours. D’ailleurs, vouloir t’assimiler, absorber ton altérité, serait un meurtre. Privation de l’essentielle liberté qui te distingue de moi. Je me dois de respecter ton samedi de Mélusine. Garder la juste distance pour que le lien, aussi fort soit-il, ne devienne pas un nœud coulant. Pour que le symbole du rosier ou des racines entremêlés ne se transforme pas en un platane de trottoir qui enserre un lampadaire froid en son tronc…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pas un bout de gène entre nous ! Je fouille dans la gaine technique de notre relation. A part un sacré fouillis, je ne trouve rien de tangible. Nous ne sommes pas dans l’ordre du biologique, mais dans celui des lois non écrites du cœur. A tout moment nous pouvons rompre. Entre nous, tout peut éclater, et c’est la grandeur de notre lien. Parce que tout peut finir, tout peut se construire. Nous ne sommes pas un état de fait. Tu ne m’es d’aucune évidence. Le grand péril serait de l’oublier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour tout l’inexplicable qui nous lie, pour toute la richesse que ton sang apporte à mon sang, et pour notre sang mêlé en une nouvelle vie, pour le métissage de nos mémoires, je fais serment de respecter ton samedi de Mélusine, dussé-je te perdre. C’est à ce prix que tu ne seras jamais mon hypocrite semblable, mais ma plus belle différence.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span&gt;&lt;strong&gt;- Un pas de plus –&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;em&gt;Le roman de Mélusine&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, Coudrette, Gallimard- Flammarion.&lt;br /&gt; &lt;span&gt;&lt;em&gt;L’esprit de solitude&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, Jacqueline Kelen, Albin Michel.&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Pour moi</title>
<link>http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/archive/2009/02/16/pour-moi.html</link>
<author>noreply@blog.tdg.ch (le merle chroniqueur)</author>
<category>Le royaume familier</category>
<pubDate>Mon, 16 Feb 2009 08:29:38 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/media/01/02/1273856034.jpg&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; alt=&quot;Papillrire.jpg&quot; id=&quot;media-21432&quot; src=&quot;http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/media/01/02/1169022556.jpg&quot; name=&quot;media-21432&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div&gt;Voici ce qu’un amoureux soufflait l’autre jour à sa Valentine…&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’as pas à réunir le plus grand nombre de qualités possibles&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’as pas besoin d’être une pin up de magazine&lt;br /&gt; Pour moi tu n’incarnes pas un phantasme&lt;br /&gt; Pour moi, la durée n’est pas un présent&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’as pas besoin d’être forcément une promesse de bonheur&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’es pas une évasion&lt;br /&gt; Pour moi, nous est une création quotidienne&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’es pas une fée de légende&lt;br /&gt; Pour moi, toutes tes faiblesses ont leur raison d’être&lt;br /&gt; Pour moi, tu es un amour assumé&lt;br /&gt; Pour moi, amour et désir ne sont pas séparés&lt;br /&gt; Pour moi, ton visage est ma plus belle différence&lt;br /&gt; Pour moi, tu es la femme que je désire&lt;br /&gt; Pour moi, je veux tout de toi&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’es pas une femme fatale&lt;br /&gt; Pour moi, tu es une femme du destin&lt;br /&gt; Pour moi, t’aimer est un acte&lt;br /&gt; Pour moi, tu es une décision&lt;br /&gt; Pour moi, tu es un foyer et un brasier&lt;br /&gt; Pour moi, tu es une source de joie&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’es pas une distraction&lt;br /&gt; Pour moi, tu es une ré-création&lt;br /&gt; Pour moi, tu es le réel&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’es pas phyltrée&lt;br /&gt; Pour moi, tu n’es jamais acquise&lt;br /&gt; Pour moi, tu es une conquête&lt;br /&gt; Pour moi, tu es mon plus beau pari&lt;br /&gt; Pour moi, tu es belle comme tu es&lt;br /&gt; Pour moi, tu as allié ta vie à la mienne&lt;br /&gt; Pour moi, tu as ouvert toutes grandes les portes&lt;br /&gt; Pour moi, tu as envie&lt;br /&gt; Pour moi, tu es une promesse de vie&lt;br /&gt; Pour moi, nous n’est pas ailleurs&lt;br /&gt; Pour moi, nous sommes ici et maintenant&lt;br /&gt; Pour moi, …&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et alors qu’il inspirait pour reprendre son souffle on entendit ailleurs une Valentine répondre à son bien aimé…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour moi…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Un pas de plus –&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Denis de Rougemont, L’amour et l’Occident, chapitres VI et VI, éditions 10/18.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Accélérateur d'imaginaire</title>
<link>http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/archive/2009/02/15/accelerateur-d-imaginaire.html</link>
<author>noreply@blog.tdg.ch (le merle chroniqueur)</author>
<category>Science</category>
<pubDate>Sun, 15 Feb 2009 07:55:28 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;L’idée m’est venue d’aller visiter le CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire. Je craignais de ne rien comprendre et je dois bien avouer que je n’ai rien compris ou si peu. Mais j’ai pu rêver et me représenter une image de la matière, son intimité, sa vivacité. Une matière qui m’a paru soudain si joueuse, si vivante, si mobile. Oui, mobile. Ce qui me paraissait si stable, cette chaise, cette table, s’est soudain éveillé pour me dire que le propre de la vie, c’est le mouvement. Tout le temps, partout, en toutes choses, aussi loin que nous puissions remonter dans le temps. La vie fait « bang » en tout sens !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Même si le nouvel accélérateur, le LHC, chacun pourra trouver largement matière à réflexion lors d’une visite du CERN. Et ce n’est l’imagination qui manque aux chercheurs de cette organisation dont la seule et unique vocation est : la recherche. Leur objectif n’est pas des moindres puisque leur travail consiste à décrypter les mystères les plus profonds qui régissent les lois de l’univers !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En pénétrant sur le site, on ne voit (presque) rien de spectaculaire… en surface. Le plus grand laboratoire de recherche de physique des particules du monde a enterré ses cathédrales technologiques à une centaine de mètres sous terre. Trente quatre kilomètres de tunnel où les quarks, les bosons et les leptons s’en donnent à cœur joie et s’éclatent comme des fous ! Des chercheurs du monde entier courent après leurs traces. Une grille planétaire a été créée afin de pouvoir analyser les résultats obtenus.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les recherches menées au CERN défient l’imagination des scénaristes hollywoodiens les plus hardis. Imaginez que sous vos pieds se trouve un des endroits les plus froids de la galaxie et les plus chauds de l’univers. Vous ne ressentez aucune attraction et pourtant c’est là que l’on trouve le plus grand nombre d’aimants de haute technologie jamais réunis. En fait, vous êtes debout sur l’instrument électronique le plus grand et le plus complexe jamais construit : le LHC, le grand collisionneur de hadrons, qui va recréer les conditions qui existaient juste après le Big Bang.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Que ceux qui craindraient de ne pas être à même de comprendre ce qui se joue dans ces lieux ne s’inquiètent pas. Le CERN reçoit 25'000 visiteurs par an et tous ne sont pas des prix Nobel de physique (l’histoire de l’organisation en compte 5). Comme le notait Einstein : « L’imagination est plus importante que le savoir ».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voici deux petites vidéos qui vous mettront en imagination :&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=u5TELMFZeVE&amp;amp;feature=PlayList&amp;amp;p=8DBCC6F6700E0931&amp;amp;index=1&quot;&gt;Le CERN en trois minutes&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=u5TELMFZeVE&amp;amp;feature=PlayList&amp;amp;p=8DBCC6F6700E0931&amp;amp;index=1&quot;&gt;L’accélérateur du LCH&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;En pratique :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Les visites sont gratuites. Vous trouverez toutes les informations sur :&lt;a href=&quot;http://outreach.web.cern.ch/outreach/Welcome-fr.html&quot;&gt;http://outreach.web.cern.ch/outreach/Welcome-fr.html&lt;/a&gt;. La visite dure environ une demi-journée, du lundi au samedi, de 9h à 14h. Au vu de l’affluence, il est important de s’y prendre à l’avance pour réserver.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La visite commence par une introduction sur le CERN présentée par un guide, suivie de la projection d’un film et de la visite d’une des expériences et/ou d’un accélérateur en surface.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le choix de l’itinéraire est fixé par le service des visites en fonction de la disponibilité des zones, le jour de votre visite. Il faut également savoir qu’il n’est plus possible de descendre voir les accélérateurs. Pour finir, vous pouvez également visiter le Microcosm, le musée interactif du CERN.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voici quelques exemples d’itinéraires thématiques actuellement accessibles :&lt;/p&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;Accélérer les particules, d’où proviennent les particules pour le LHC ? (&lt;a href=&quot;http://public.web.cern.ch/public/fr/Research/AccelComplex-fr.html&quot;&gt;LINAC, LEIR&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Détecter les particules (&lt;a href=&quot;http://public.web.cern.ch/public/fr/Research/COMPASS-fr.html&quot;&gt;COMPASS&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;A la découverte de l’antimatière (&lt;a href=&quot;http://public.web.cern.ch/public/fr/Research/AD-fr.html&quot;&gt;AD&lt;/a&gt;)&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Vous visiterez l'anneau de décélération (lorsque la machine est à l'arrêt), la salle de contrôle et les expériences.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Les particules du Cosmos (&lt;a href=&quot;http://public.web.cern.ch/public/fr/Research/CAST-fr.html&quot;&gt;CAST&lt;/a&gt;&amp;nbsp;et&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://public.web.cern.ch/public/fr/Spotlight/SpotlightAMS-fr.html&quot;&gt;AMS&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Autour du LHC: aimants, cryogénie et vide (SM18)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Informatique, calcul et communication … du World Wide Web à la Grille (Centre de Calcul, Centre de contrôle Atlas)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Les accélérateurs du futur (&lt;a href=&quot;http://public.web.cern.ch/public/fr/Research/CLIC-fr.html&quot;&gt;CLIC&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; 
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<title>Le royaume familier</title>
<link>http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/archive/2009/02/15/le-royaume-familier.html</link>
<author>noreply@blog.tdg.ch (le merle chroniqueur)</author>
<category>Le royaume familier</category>
<pubDate>Sun, 15 Feb 2009 07:53:22 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/media/00/00/127746301.JPG&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; alt=&quot;P1020552.JPG&quot; id=&quot;media-21393&quot; src=&quot;http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/media/00/00/1499307999.JPG&quot; name=&quot;media-21393&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Ils sont nombreux autour de nous. Ils ont un don : la joie. Comme une fleur son parfum ou le soleil sa chaleur. Auprès d’eux, le tout bon s’éveille, pépie, gazouille. Ca se met à danser dedans. On est saisi. Les porteurs de joie viennent enluminer les marges de nos carnets de vie. Ce sont des vitraux qui éclairent nos entrailles. Le smog mental se dissipe. On se demande pourquoi on ne s’est pas ébroué plus tôt.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Malheureusement, ils ne font que passer, et les belles couleurs avec eux. On se désaccorde à nouveau. Comme des asthmatiques de la joie, on peine à raviver la braise. Le sourire se crispe, les rhumatismes psychiques recommencent à nous faire mal. Ca grippe. On relit la notice d’un des innombrables magazines ou livres de psychologie. Mais on patine sur les conseils des autres, par manque d’adhérence sur son propre terrain. La différence entre nous et les porteurs de joie tient au souffle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’aimerais saluer trois porteurs de joie que j’ai rencontrés au mois de janvier : un généticien, une animatrice dans un foyer de personnes âgées, un écrivain.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Commençons par une causerie radiophonique avec le généticien Denis Duboule sur les ondes de la RSR. L’homme est calé. Papable pour le Nobel. Et tout doué pour la vie. Pas besoin de chercher longtemps : lui, il cultive le gène de la joie. Avec ses élèves, il ne se fait aucune illusion. Ils ne retiendront rien – ou presque – si ce n’est l’élan qu’il aura su leur transmettre, son enthousiasme, sa passion pour la recherche. Pour quelques-uns, il aura illuminé le début du sentier. Nous sommes nombreux à pouvoir évoquer un professeur, à l’école ou à l’université, qui avait le don du don de joie. Avec eux, l’heure de cours ne s’écoulait plus le regard vaquant par la fenêtre. Ils avaient quelque chose à nous dire, quelque chose qui allait bien plus loin que la matière : l’esprit. Ils créaient une fête dans un coin de notre cerveau. Les neurones papillaient. Ces maîtres – nous en avons aussi en occident– ne se contentaient pas uniquement de faire honnêtement leur travail. Avec eux, ça sentait le délit, l’aventure, le casse. Rien de pépère. Pas de Verlaine pour les cinquante prochaines années. Parce que des gènes au Roman de Renart en passant par Freud, il y a de quoi inquiéter et éveiller.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Passons de la salle de classe au salon d’un EMS. Une petite bonne femme toute ronde, cheveux noirs, voix de ténor déboule et va s’asseoir à une table autour de laquelle viennent se réunir, minute après minute, une ribambelle de vieilles dames. L’une amenant son tricot, l’autre un journal ou encore sa tremblote. Cahin-caha, la majorité des pensionnaires se sont retrouvées là. Comme des papillons attirés par la lumière. Une vraie cheffe d’orchestre cette animatrice ! Accordant de l’attention à tous. Tenant compte des moyens de chacun. Les faisant toutes participer. Même Dame Iguane – je l’appelle ainsi à cause de sa langue qu’elle sort à tout moment, comme si elle voulait attraper un moustique. La présence tonifiante de Dame Animatrice, sa bienveillance et sa patience enjouée ramenait à la vie toutes ces lazarettes en puissance.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour finir, j’aimerais brièvement évoquer Jean-Louis Kuffer qui éclaire ses lecteurs depuis la rampe de lancement de son blog, avec des fusées de toutes les cultures, de tous les styles, de toutes les écritures. Cet homme, c’est du torrent de montagne, du pur. Du verbe matière, du verbe violent comme la chair en émoi, au doux murmure d’une mère berçant son enfant, son chant couvre plusieurs octaves. Sourcier sur les hauteurs de la Désirade, où il vit, il partage avec qui veut bien l’entendre l’arrivée de l’œuvre nouvelle. Que de fois son ardeur filante m’a requinqué, m’a redonné courage sans même qu’il ne le sache.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ses vœux pour l’année nouvelle n’avaient pas la pauvreté d’un sms perdu sur le réseau:&lt;/p&gt; &lt;div&gt;&lt;br /&gt; - Pour l’année à venir, ceci seulement : on continue. C’est écrit sur les jointures des mains des pêcheurs aux lourds filets en deux fois cinq lettres : tenir ferme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Jean-Louis Kuffer, Madame Lève-Lazarette ou Denis Duboule sont des pêcheurs d’homme. Nonchalant de savoir s’ils prêchent dans le désert, ils nous convient à une vie à plus haut sens.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div&gt;&lt;span&gt;&lt;strong&gt;- Un pas de plus-&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div&gt;Un&lt;a href=&quot;http://podcast.rsr.ch/media/la1ere/impatience/20090102-denis-duboule.mp3&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&amp;nbsp;entretien à la RSR&lt;/a&gt;&amp;nbsp;avec Denis Duboule et un&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=342401&amp;amp;sid=10027623&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;reportage de la TSR&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt; La&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;blogosphère&lt;/a&gt;&amp;nbsp;de Jean-Louis Kuffer.&lt;br /&gt; Pour Dame Animatrice, rendez visite à une personne âgée.&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Bonus sans joker</title>
<link>http://chroniquesmerlines.blog.tdg.ch/archive/2009/02/04/bonus-sans-joker.html</link>
<author>noreply@blog.tdg.ch (le merle chroniqueur)</author>
<category>Choses vues</category>
<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 07:46:40 +0100</pubDate>
<description>
&lt;div&gt;Je ne descendrai pas dans la rue. Je ne revendiquerai pas. Je ne résisterai pas. Tout au plus, je manifesterai mon désaccord en allant fermer mon compte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et puis c'est tout.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Parce que je n'y comprends rien à toutes ces histoires, à ces institutions privées qui fonctionnent comme des administrations publiques. A ces bonus qu'on verse parce que c'est la règle, parce que les objectifs sont atteints. Si, si, vous avez bien lu, les objectifs sont atteints! Des bonus qui sont versés parce qu'il faut que l'entreprise garde ses meilleurs employés. Lesquels? Les as du désastre? Ou les dizaines de milliers d'autres qui souquent ferme au quotidien au sein d'une galère chargée de produits toxiques? Que les commandos de la débâcle aillent sévir ailleurs...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Personne ne demandera rien. Tout le monde dira que c'est normal, si normal. Et je reverrai les images de ces Argentins qui ont tout perdu, des années de labeur, des années d'économie. Mais nous ne dirons rien. Parce que, ici, ce n'est pas aussi grave. Jusqu'au jour où les portes blindées se seront refermées et les canons à eau nettoieront nos dernières réclamations alors que notre capital aura été poutzé. Un nouveau crash en perspective? Y a-t-il encore un pilote dans l'avion?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'écoute des spécialistes qui m'expliquent des choses que je ne comprends pas. Je m'en offusque car je vois bien qu'on ne veut pas que je comprenne. Il y a aussi des gens à la télévision qui parlent en faisant des grands gestes et qui deviennent tout rouge. Tous ces débats sont censés constituer une catharsis salutaire, un cataplasme sur notre porte-monnaie. Pendant ce temps, les vraies affaires se poursuivent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je vois dans les journaux des publicités étonnantes, avec des hommes et des femmes qui disent qu'ils gardent confiance, qu'ils sont contents. Je crois qu'ils ont été payés ou sélectionnés du moins pour leurs vues communes. Parce qu'ils disent tous la même chose. Pourquoi choisir une communication décervelée? Pourquoi ne pas faire une campagne avec des professionnels qui témoigneraient que leur job, c'est de gérer de l'argent, pas des haricots. Que le pognon est une matière hautement inflammable, explosive, et que parfois les civils sautent aussi sur les mines de la guerre du dollar et qu'il en a toujours été ainsi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je vois un grand domino vertigineux, avec des pièces immenses, hautes comme des buildings, et je vois le garagiste de mon village, je vois l'artisan, le luthier, ce jeune entrepreneur qui pourraient être aplatis comme des crêpes si l'ensemble s'ébranle. Nous sommes pris en otage. Vive le syndrome de Stockholm!&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Enfant, mes parents leur avaient confié ma tirelire. Je ne m'étais jamais posé de questions, je n'avais pas eu de raisons particulières de m'inquiéter. Mais depuis quelques temps, mon cochon s'est transformé en sanglier sauvage, hirsute! J'ai pris peur, craignant que la petite souris ne vienne me piquer les quelques réserves faites pour le jour où je perdrai toutes mes dents. Alors je suis allé fermer mon compte. Une dame charmante - Calypso? - m'a reçu. Elle a pris de gros ciseaux (énormes même), et elle a guillotiné par le milieu mes cartes, rompant le cordon ombifrical de la bande magnétique. Cet acte de rupture n'était pas anodin pour moi. C'était le terme d'une relation fidèle vieille de 24 ans. Pour toute récompense, j'ai eu le droit de payer 9 francs 90 pour la fermeture de mon dossier. La conseillère m'a rendu 10 centimes. Je n'en attendais pas tant.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il paraît que toute cette polémique sur les bonus est née d'une indiscrétion... Le voile levé sur un secret bancal... Manquer de transparence envers tout un peuple qui vient au secours d'une possible faillite, non! Qu'on arrête de nous entourlouper avec ces salaires dits flexibles comme des tuyaux d'arrosage. Ce smog financier est inacceptable. Bon samaritain, pourquoi pas. Nourrice consentante, non.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; D'ailleurs, toute cette histoire me rappelle que Joker s'est tiré en douce... Où est Batman?&lt;/div&gt; 
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